Recherche
Canal Seine-Nord-Europe
PROJET MAGEO - Canal Seine Nord Europe
Contribution de la Communauté de l'Agglomération Creilloise
C'est avec le plus grand intérêt que la Communauté de l'agglomération creilloise a suivi le débat public du Ce projet s'inscrit parfaitement dans le projet de territoire 2009-2014 de la Communauté de l'agglomération creilloise et rejoint notre volonté de tout mettre en œuvre pour nous donner les moyens d'un développement durable et soutenable de notre territoire avec notamment le report vers la voie d'eau d'une partie du trafic routier de marchandises.

La Communauté de l'agglomération creilloise entend, dans la présente contribution, exprimer ce qui, à l'issue du débat public, lui semble déterminant pour l'avenir de ce projet MAGEO qui devrait offrir de nombreuses opportunités mais soulève également quelques inquiétudes auxquelles il conviendra de répondre.
Ces préoccupations concernent la prise en compte de l'environnement, le devenir des berges en particulier dans leur partie urbanisée, les conditions de réalisation des travaux eux-mêmes et les risques de pollution associés, les conditions d'exploitation et de partage de la voie d'eau. Enfin, le financement de ce projet reste encore une question largement ouverte.
MAGEO et le canal Seine nord Europe, une réelle opportunité
Avec le transfert par voie ferroviaire de 150 000 tonnes de déchets par an sur l'unité de valorisation de Villers-Saint-Paul, l'agglomération creilloise en partenariat avec le Syndicat Mixte de la Vallée de l'Oise, a été précurseur en matière de transport alternatif à la route.
A l'avenir, la Communauté de l'agglomération creilloise continuera à favoriser le développement économique sur notre territoire, en utilisant la voie d'eau et les nouvelles possibilités offertes par le projet MAGEO.
Dès à présent, elle travaille en étroite collaboration avec ses partenaires que sont Voies Navigables de France et la Chambre de Commerce et d'Industrie Territoriale de l'Oise à la valorisation du port de commerce de Nogent-sur-Oise.
Une vigilance indispensable
Parce que ce projet est important pour nous tant pour son aspect de développement durable que pour le potentiel de développement économique qu'il peut représenter, nos exigences à son égard et notre vigilance seront élevées.
Ainsi nous nous inquiétons de l'exploitation de la voie d'eau. Permettra-t-elle, en zone d'alternat au droit de notre agglomération, d'offrir une fluidité de trafic suffisante pour concurrencer la route sur des distances assez courtes ?
Le renforcement attendu du trafic international ne risque-t-il pas au contraire de renvoyer sur la route un trafic local qui aujourd'hui utilise la voie d'eau ?
Quid également de la limitation programmée à deux étages des conteneurs transportés, soit une hauteur libre de 5,25 mètres alors que les nouvelles générations de conteneurs (hight cube) nécessitent une hauteur libre de 5,80 mètres ?
De nombreux autres usages existent, et se développent : bateaux logements, pêche, sports nautiques, plaisance. Aucune garantie ne nous est apportée quant au maintien de ces activités.
Or, comment imaginer, par exemple, que la pratique centenaire de l'aviron sur l'Oise à Creil puisse-t-être remise en cause. De la même manière, le projet Creillois de port de plaisance ne devra pas être impacté par ce projet.
Tout au long du débat public, l'érosion des berges a été au cœur des débats. Elle est une véritable préoccupation, en particulier dans une agglomération comme la nôtre, où les berges partiellement aménagées, supportent toutes des infrastructures importantes telles que voiries ou réseaux structurants.
Aujourd'hui, les études présentées sur le site de la concertation ne sont pas suffisantes pour convaincre les collectivités que la navigation n'aura pas d'incidences à court ou moyen terme sur les infrastructures installées sur les berges. Cela au moment même où d'importants projets de requalification de ces espaces de bords de rivière sont entrepris, souvent avec l'aide financière de l'Etat et de l'Union Européenne.
A titre d'exemple, les berges en perré du centre ville de Creil, pourtant très dégradées, ne sont pas classées en « vulnérabilité 1 » par les bureaux d'étude ayant travaillé pour le projet MAGEO. Les mêmes bureaux d'étude reconnaissent pourtant qu'à l'amont de l'écluse de Creil aujourd'hui, le risque d'érosion est à plus de 71% du au batillage.
Des engagements très précis devront être pris par VNF pour assurer la pérennité des infrastructures urbaines implantées sur les rives de l'Oise. VNF est en effet le seul organisme destinataire des péages et redevances liées à l'occupation, quelle qu'en soit la nature, de la voie d'eau et à l'origine des phénomènes érosifs.
Un environnement préservé
Au-delà de la seule solidité des berges, notre agglomération attend que la biodiversité soit conservée tout au long de la rivière et qu'elle contribue positivement au respect de notre environnement naturel.
La Communauté de l'agglomération creilloise s'associe en particulier à l'avis du Parc Naturel Régional quant à la prise en compte de l'environnement dans le cadre de ce projet, et aux associations qui demandent que les continuités piétonnes et cyclables en berges soient rétablies. Un franchissement public de la rivière à niveau, au droit de l'écluse de Creil, permettrait de développer les itinéraires de promenades, et constituerait une mesure compensatoire appréciée des habitants de notre agglomération et des territoires voisins.
Enfin, redevable de la qualité de l'eau distribuée au robinet à partir de son champ captant de Précy-sur-Oise, la CAC, comme son fermier Lyonnaise des Eaux, sera attentive aux conditions de maîtrise de la pollution rejetée dans l'Oise lors des opérations de dragage. Ceci d'autant plus que le caractère industriel de notre agglomération laisse présager la présence de pollutions plus ou moins localisées retenues dans les alluvions. La présence de pyralène au droit du site de Vieille Montagne, à titre d'exemple, est avérée. L'étude d'impact à venir devra donc intégrer les conditions de réalisation du chantier lui-même, les mesures de protection de la rivière et des champs captant situés à l'aval, ainsi que les dispositifs de gestion de crise proposés pour réagir en cas de pollution.
En Conclusion
Si ce projet, dans son principe, recueille l'avis favorable de la communauté de l'agglomération creilloise, et fait naître des espoirs de dynamisme économique et d'atténuation des nuisances liées au trafic routier sur notre agglomération, un travail très approfondi est encore nécessaire afin de garantir son acceptabilité par les acteurs de nos territoires. Gageons que le dispositif de concertation en continue qui suivra ce débat public, l'esprit de responsabilité de VNF et le professionnalisme de ses équipes, permettront de lever les inquiétudes, de consolider ce projet et son financement par l'Etat.


